Guérison de l'âme,
Guérison du corps,
histoire d'un parcours entre le plus petit
qui rejoint le plus grand.
Lalita Jaquenoud
Guérir, guérison, être guéri : de quoi ? par quoi ? qu'est-ce qui s'entend dans les interstices
du cerveau, au fond des cellules lorsqu'un individu demande à être guéri ? Et en premier, à qui
demande-t-on ? Et quoi ?
Ethymologiquement, les premiers sens de guérison venaient de défense, protection, salut. Dans
la construction du mot, il y a concept d'action de guérir, il y a agissement. Alors ?..
Dans un premier sens, une personne malade cherche à retrouver l'état de santé, un état où
il n'y a pas de maladie. Ou le corps est en équilibre, fonctionne bien et dans lequel l'âme est en
paix.
Mais la guérison holistique, la guérison du tout, est bien plus que retrouver un état, un point
d'équilibre.
Ne sommes-nous pas des êtres complexes, multidimensionnels, riches héritiers de tant de mémoires,
traversés de tant d'influences, d'expériences, d'impressions ?
Comment avancer dans un parcours de guérison lorsque nous sommes touchés dans notre corps,
dans notre âme ? Où chercher pour aller dans son intégrité ?
Guérir, c'est lâcher-prise. A tout ! A tout ce que nous avons cru être. Descendre dans les
profondeurs, oser aller, entrer là où la lumière n'a pas l'habitude d'entrer pour éclairer,
défaire les vêtements de l'ego, les croyances déguisées, en une multitude d'expériences intimes.
La guérison se passe dans un processus magique de dénouement global. La conscience touche un
espace intérieur et voilà que des concrétions du passé se dissolvent.
La guérison est un chemin qui va de mieux en mieux vers l'Essence, l'essentiel, la Source.
Mais il faut savoir que celui-ci passe par des défis, des embûches, des examens, et qu'il n'est
pas toujours facile et confortable.
Le risque est de croire que certains processus ne sont pas bons. Car, on se trouve confronté
à des douleurs, dépressions, noirceurs.
A soi d'exercer son discernement, d'allumer son écoute intérieure pour oser, continuer d'avancer.
Si on remet sa santé aux mains d'un guérisseur, celui-ci est , dans le langage, celui qui fait
acte, agit pour la guérison. Alors où est l'appropriation du résultat ? Chez le guérisseur, chez
le patient ? Celui qui patiente ? Le patient est celui qui est à l'opposé de l'agent, celui qui
agit. C'est celui qui subit l'objet d'une action.
Comment alors cheminer dans un processus de guérison, si je subis quelque chose venant de
l'extérieur et que j'attends le retour à l'équilibre venant d'un autre que moi ?
Le chemin de guérison est un chemin pour retrouver son pouvoir personnel, retrouver sa force,
sa puissance, intrinsèques à chaque être en lien avec la Vie, les forces et rythme de la
nature. Retrouver aussi une place dans le microcosme du groupe humain, retrouver sa place dans
les différents groupes minéraux, végétaux, animaux, angéliques, divins.
J'aime la vision des chamans, des anciennes traditions, qui pour soigner un individu faisaient-font
venir la communauté, le groupe. Car dans ces approches, l'individu est une cellule qui a perdu
le sens du lien , qui vit la séparation, la différence et c'est aussi bien au groupe qu'à
l'individu de retrouver à chacun leur place, retrouver les pulsations et rythmes internes,
biologiques en pulsation avec les rythmes de la nature. Alors comment séparer la guérison du corps,
avec celle du cœur, de l'âme, de la vie en soi ?
Mon approche et mon expérience de la guérison est celle de mon expérience de vie.
Je choisis de vivre, je choisis d'être là et je choisis d'avancer dans le grand mystère de l'univers.
J'ai à cœur de retrouver ce qui m'entrave, ce qui fait que je ne me ressemble pas. J'ai à cœur
d' ôter ce qui fait barrage à la fluidité de la vie en moi.
Alors je traque les pensées inopportunes, négatives, les croyances de bas-étage, les émotions
invalidantes. Je donne à mon corps ce qui lui fait du bien : des aliments vivifiants, de l'eau
vivante, du soleil, du mouvement, du repos. Si je ne me donne pas ceci, je cherche ce qui me coupe
à ne pas répondre à cela. Suis-je nourrie dans les élans de mon cœur, est-ce que l'enthousiasme
(le souffle en soi) est présent, quelle est l'étincelle de ma joie de vivre, quel est mon sens de
vivre, est-ce que je mets tout en cette direction pour expérimenter mes ressources profondes ?
Est-ce que l'amour me motive, bouge mes cellules, comme la brise vient donner un mouvement aux
feuilles des arbres, est-ce que j'aime, est-ce que je laisse passer ce sentiment de mon cœur,
de mes entrailles, de mes cellules en direction du divin.
Je ne peux vivre la guérison sans impliquer intimement mon chemin du Divin.
J'ai la Grâce, nous avons la grâce, d'avoir reçu le Souffle de vie. Nous le recevons d'instant
en instant. D'instant en instant. Continuellement. Comme le torrent de montagne qui laisse jaillir,
couler la force vivifiante de l'eau nouvelle.
Nous recevons constamment. Est-ce que nous en avons conscience ? Comment arrivons-nous à recevoir ce cadeau ?
Je suis en vie ! Je vois, je bouge, j'entends, je coordonne mes mouvements, je ressens, je m'exprime
par ma présence, par mon regard, à travers mes gestes, mes actions, mes paroles. Mais ce n'est pas
le fait de voir, bouger, entendre, parler qui est seulement le cadeau, car que dire de ceux qui ne
peuvent l'expérimenter .La guérison se passe bien au-delà du corps physique. Elle est visible pour
les yeux du cœur , de l'âme. Et si le corps physique est aussi en équilibre : Merci !
Nous avons la conscience. Nous sommes conscients. Et alors nous avons à rendre, redonner le souffle reçu.
Recevoir-Donner. Inspir- Expir.
Lorsqu'une personne vient me voir pour retrouver sa santé, intérieurement je la remercie de son
don de confiance, je remercie le ciel de me permettre de la rencontrer. Car c'est un échange, un
parcours entre cette personne et moi. Nous allons nous rencontrer. Le chemin de la guérison se situe
dans l'espace entre nous deux. Nous avançons dans la rencontre, elle et moi osons la rencontre, la vraie,
celle qui dévoile qui je suis au delà de l'apparence, des différents rôles et masques, pour oser nous
voir en l'autre et nous reconnaître en nous-même.
Je deviens alors le miroir de l'autre et l'autre me montre de nouvelles facettes de qui je crois être.
Ce faisant, la personne peut s'approprier par elle-même son processus de guérison.
C'est elle qui retrouve ses sensations, ses émotions, traque ses pensées, découvre des mémoires oubliées,
défait les blessures et conflits ancestraux. C'est elle qui redonne de la place au sentiment du sacré
de la vie en soi. La conscience reprend sa place dans chaque cellule du corps.
La maladie, pour moi, apparaît lorsque l'âme ne s'intègre plus au corps, dans ses cellules, dans sa corporalité.
Nous, êtres humains, sommes canal entre le ciel et la terre. Nous sommes là pour laisser passer, laisser
les rythmes du souffle divin s'exercer dans notre temple qu'est notre corps, nos différents corps, des
plus denses aux plus subtils.
Nous sommes des être magnifiques, des êtres de lumière, des êtres d'amour et de compassion.
Notre âme est dansante, large, puissante quelque que soit sa couleur, sa tonalité.
Et la santé est de se vivre pleinement en confiance, en lien de foi entre son soi profond, le " Je Suis "
et le lien au Divin, quelque soit la forme. Guérir est la voie du retour à l'Unité, dans une compréhension
parfaite de non-dualité.
Notre but est de magnifier la vie, vivre dans la simplicité, être heureux, aimer et jouer.
Alors la guérison devient un parcours, une recherche, d'approfondir davantage le grand mystère de la vie.
D'aller dans la transcendance. Aller au delà du connu, traverser, dépasser ses limitations, ses frontières
pour oser plus grand, plus libre. Etre tout simplement.
|